A l'occasion de la fête des Terminales, un très beau texte-témoignage a été prononcé par une élève devant la promotion 2019, le voici dans son intégralité.

Eloge à l’âme jeune

Chers internes, chers amis, chers camarades, que, malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de tous connaître personnellement malgré mes trois années à Stan,

D’une certaine façon, l’aventure de notre promotion s’arrête aujourd’hui, et je saisis cette opportunité pour vous adresser une dernière prière, une dernière supplication.

 Durant les quelques années passées ici, pour certains même maintenant depuis quinze ans, nous avons tissé des liens : plus ou moins forts, très forts, qui nous marqueront longtemps. Puis, le temps passera, et nos vies d’adultes prendront le pas sur nos histoires de jeunes. Le flot de nos futures préoccupations emportera sûrement nos considérations d’enfants. Parfois, nous nous souviendrons, avec un peu de nostalgie, du temps béni où, insouciants, nous avions des rêves à n’en plus finir et où nous nous construisions des avenirs merveilleux.

Non, chers camarades, il faut résister !

Nous ne devons jamais, jamais oublier les grands idéaux généreux qui commençaient à nous façonner… Car « l’on est de l’enfance comme on est d’un pays », disait Saint Exupéry ; et le pays est la mère à qui l’on doit, à qui l’on rend, avec amour et fidélité, toujours.

L’enfance nous retient par un fil invisible : au fil du temps, il n’y aura plus tant de ressemblance entre nos visages ridés et la fraicheur de l’enfance, et pourtant, ce fil invisible n’en est pas moins important :

Garder son âme d’enfant était jusque-là un confort, aujourd’hui, c’est un impératif.

 

Au moment des adieux à l’abbaye où mon groupe avait été si bien reçu en retraite, sœur Marie-Pauline, qui avait facilement 80 ans, avait baissé la voix pour nous dire tout bas, comme un enfant facétieux, un petit sourire aux lèvres : « surtout, il faut rester jeunes ! Moi, c’est ce que j’ai toujours fait… ! ». C’était vraiment touchant, et à la fois aussi éclairant : c’était donc ça, sa gaieté non dissimulée, sa bonne humeur sans faille ! C’était donc ça son secret, le secret de cette joie de vivre, qui nous avait tant émues à notre arrivée ! Chacun en retire ce qu’il veut, finalement, mais la voir convaincue de cela après des années d’existence remettait sérieusement en question notre ardeur à devenir adultes et à s’installer.

J’émets le souhait sincère de nous voir toujours chercher à garder intacte notre âme tout juste sortie de l’enfance ; ne la repoussez pas avec l’âge, même quand sa simplicité naturelle vous semblera désuète.

Ne vous laissez pas dériver vers un seul  « tout petit supplément d’âme » que chantait France Gall, mais vivez réellement par le prisme d’un cœur sans mesure, celui-ci même qui vous habite encore au moment où nous nous apprêtons à quitter pour de bon l’univers des cours de récréation, des ballons et des bonbons.

La jeunesse n’est pas une période de la vie,

Elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,

Une qualité de l’imagination, une intensité émotive,

Une victoire du courage sur la timidité,

Du goût de l’aventure sur l’amour du confort.

 

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :

On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

 

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs

Sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre

Et devenir poussière avant la mort.

 

Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il demande

Comme l’enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements

Et trouve de la joie au jeu de la vie.

 

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.

Aussi jeune que votre confiance en vous-même.

Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

 

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.

Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages

De la nature, de l’homme et de l’infini.

 

Si un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme

Et rongé par le cynisme,                 puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

 

 D’après Général Mac Arthur 1945

 

Souvenons-nous toujours que nous avons été ces jeunes hommes et jeunes filles de terminale, plein de bonnes intentions, de générosité, de bienveillance, mais aussi de volonté de justice, d’amour et de paix.

Souvenons-nous toujours qu’il n’appartenait qu’à nous de rendre ce monde toujours meilleur, si seulement nous acceptions de conserver nos beaux idéaux, les belles intentions qui peuvent nous habiter.

Ne laissez pas s’éteindre le feu dont les braises veillent en vous, mais soufflez sans cesse dessus pour qu’il s’embrase chaque jour de votre vie.

 

 

Domitille

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