La question posée à nos élèves est : « Toi qui es dans un établissement catholique d’excellence, que fais-tu de tes talents ? Que fais-tu de ton frère ? »

Double regard sur cette spécificité du Collège Stanislas : l’engagement au service de la personne.

 « Vous qui êtes catholique, que faites-vous ? Où sont les œuvres qui démontrent votre foi et qui peuvent nous la faire respecter et admettre ? »

Cette critique aiguillonne Frédéric Ozanam, étudiant à Paris, qui lutte alors sur le terrain des idées contre l’anticléricalisme en vogue à l’université. Il prend conscience que la Parole doit se traduire en actes.

Le 23 avril 1833, le jour de ses vingt ans, il fonde avec des amis, à côté de Saint-Sulpice, la Conférence de la Charité, qui va devenir la Société de Saint-Vincent de Paul. Le premier but est de rendre visite à des familles démunies, pour leur apporter une aide matérielle et un soutien moral.

« Que fais-tu de ton frère ? »

La question posée à nos élèves est : « Toi qui es dans un établissement catholique d’excellence, que fais-tu de tes talents ? Que fais-tu de ton frère ? » On comprend aisément que le Pôle Ozanam soit placé sous le patronage de cet intellectuel de haut vol, qui fut enseignant à Stanislas, « apôtre de la charité » béatifié par Jean-Paul II en 1997.

Frédéric Ozanam a fondé la Conférence à vingt ans. A Stanislas, c’est en première que les élèves passent à l’action. Chaque élève choisit dans les premières semaines de la rentrée l’engagement qu’il souhaite mener sur l’année.  Il l’assurera toutes les semaines ou toutes les deux semaines.

De façon concrète …

Trois grandes directions sont proposées aux élèves :

  • « Laissez venir à moi les enfants » : s’engager auprès des enfants à travers le soutien scolaire et l’animation.
  • « Ce que vous avez fait au plus petit » : se mettre au service de la personne handicapée, la personne âgée, le demandeur d’asile.
  • « Avance au large », vers la périphérie chère au Pape François : aller rencontrer les personnes de la rue (maraudes).

Les élèves peuvent s’engager à l’extérieur au sein d’associations où ils sont encadrés, mais certains des plus aventureux effectuent leur service … à Stanislas : en effet, quel beau défi pour un lycéen que d’animer un temps sportif avec les élèves des classes ULIS, d’accompagner des élèves du primaire et des collégiens vers les sacrements ou d’aider à l’alphabétisation du personnel de ménage !

Les élèves peuvent également trouver par eux même leur lieu d’engagement : l’un va aller voir régulièrement une voisine de 99 ans, très isolée, l’autre va soulager une mère de famille amie en s’occupant de ses deux enfants handicapés.

Les élèves s’engagent souvent avec deux ou trois amis sur le même lieu, le Pôle est un lieu privilégié pour que l’amitié prenne tout son sens. Frédéric Ozanam rappelait aux membres fondateurs de la Conférence que « le lien le plus fort, le principe d’une amitié véritable, c’est la charité, et la charité ne peut exister dans le cœur de plusieurs, sans s’épancher au dehors ».

Que les jeunes ouvrent les portes de leur cœur, et cette année embellira leur vie et celle des personnes qu’ils rencontreront !

Marc BAILLY
Responsable du Pôle Ozanam

Pôle Hozanam

« Au soir de cette vie nous serons jugés sur l’amour ». Cette sentence de Saint Jean de la Croix nous rappelle que notre sécurité mondaine loin de nous mettre à l’abri nous expose à un jugement plus sévère parce que nous sommes de ceux qui ont beaucoup reçu ! Certes nous n’avons jamais commis de grand crime mais qu’avons-nous fait de bien ? Avons-nous aimé ? Comment ne pas trembler à la lecture des Evangiles et à la tristesse du Christ devant le jeune homme riche ?

D’aucuns diront que le Pôle Ozanam est un vernis pour justifier notre opulence, pour tromper sur l’état de notre cœur. Tromper le Bon Dieu,  Celui qui « sonde les reins et les cœurs »…

D’autres y verront un outil de conversion.

Certains, ceux-là mêmes qui n’y voient qu’un vernis (et chacun y trouvera ce qu’il y sera venu chercher) lui reprocheront son cadre un peu formel. La charité, disent-ils, se passe de structure ! Sans doute sont-ils assez forts et leur charité assez grande pour s’exprimer librement, à l’improviste, à chaque coin de rue … Mais nous les riches et les pharisiens, nous les docteurs et les prêtres nous l’avons entendue cette parole du Christ « malheur à vous les riches » et nous savons « qu’il est plus facile à un chameau », et que la charité n’est pas aisée pour celui qui est dans l’abondance. Le Pôle nous engage, nous oblige et nous pousse dans cette voie, il nous invite aux périphéries, « là où nous ne voudrions pas aller ».

Qu’allons-nous y trouver dans cette voie ? Il ne faut pas tricher, il faut poser simplement la seule question véritable, la seule question que nous n’osons pas poser parce que nous avons déjà une réponse toute faite. Une réponse toute apprise et tant de fois récitée. Est-il vraiment nécessaire d’aller servir notre prochain ? Puisqu’il est entendu que tous les hommes cherchent le bonheur et Pascal (qui n’est pas un amuseur et pour qui les mots ont un sens) ajoute : « même celui qui va se pendre ».

Puisqu’il n’y a pas une parole et une action et même une respiration qui ne soit ordonnée au bonheur, puisqu’il en est ainsi et que le royaume des Cieux n’y peut rien changer, je le répète : est-il vraiment nécessaire d’aller servir notre prochain ? (Cet inconnu sur la route de Jéricho). En serons-nous simplement plus joyeux ? Voilà la question et il n’y en a pas d’autre.

Il ne faudrait pas répondre trop vite, nous jeter dans une réponse de convenance : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Et je ne dis pas que ce n’est pas une bonne réponse,  je dis que nous la récitons tristement, sans la connaître et il ne s’agit pas ici de réciter son catéchisme mais d’interroger son cœur : y a-t-il effectivement plus de joie à donner qu’à recevoir ?

Chers élèves, la réponse c’est à vous de la donner de tout votre cœur. Le pôle Ozanam vous engage dans cette voie étroite qu’est l’amour, parce que nous la savons féconde et pleine de joie, mais c’est à vous qu’il appartient d’offrir vos talents, votre joie aux plus petits, aux clochards du quartier, aux malades et à tous ceux qui la réclament. « La mesure dont vous vous servez pour les autres, servira aussi pour vous ».

Romain CUCUEL
Préfet des Premières

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